Cultiver autrement

L'amélioration de la qualité de l'eau brute, issue des cours d'eau, limite le coût lié au traitement de l'eau et garantit sur le long terme une eau potable de qualité. Sur le captage du Longeron, la qualité des eaux est impactée par des pollutions diffuses provenant notamment des terres agricoles. Aller vers un système économe en intrants (fertilisants et pesticides), c'est la démarche menée par de plus en plus d’agriculteurs du territoire.

Objectifs

  • Accompagner les évolutions des pratiques agricoles  
  • Réduire l'usage des pesticides et des fertilisants minéraux
  • Limiter le transfert des pollutions diffuses vers les cours d’eau
  • Préserver les zones humides

Mise en œuvre

Maître d'ouvrage : L'Etablissement Public Territorial du Bassin de la Sèvre Nantaise

Dans le cadre du contrat territorial 2015-2019, l'EPTB pilote un programme d'actions dont un volet est consacré aux pollutions diffuses d'origine agricole. L'action vise à accompagner les agriculteurs à réduire les nutriments (nitrates, phosphore…), les matières organiques et les pesticides afin de reconquérir la qualité des eaux au-dessus du captage du Longeron, qui approvisionne l’usine d’eau potable du Longeron. En lien avec des partenaires, l’EPTB sensibilise les agriculteurs et les accompagne au changement de pratiques grâce à des actions individuelles et collectives (diagnostic, expérimentation, formation…) et en mobilisant des mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC).

Le bassin versant du Longeron (agrandir)

 

Les "bonnes pratiques" conciliant productivité et protection de la nature sont à privilégier pour limiter les pollutions diffuses d'origine agricole

 

150
exploitations se sont portées volontaires pour faire évoluer leurs pratiques en s'engageant dans une MAEC.

Le saviez-vous ?

L’agriculture intensive entraîne des effets préjudiciables pour la ressource en eau. Les pollutions diffuses sont liées à l'usage de pesticides, fertilisants (engrais), l'absence de couvert végétal en automne... Pour réduire durablement les pollutions diffuses, il faut agir et adopter de nouvelles pratiques.

 

Le témoignage de Sonia Coutant, EARL Coutant and cow, éleveuse de bovins à Mauléon (79)

En partenariat avec
EPTB Sèvre Nantaise
L'Agence de l'Eau Loire Bretagne
Les partenaires agricoles

 « Se passer de produits phytosanitaires, c'est possible ! »

Sonia Coutant, agricultrice et fille d'agriculteurs, nourrit de plus en plus son cheptel de 200 animaux en autoproduction.

EARL Coutant and cow

Quand je suis arrivée sur la ferme, c'était une petite exploitation sur 44 ha qui ne permettait pas de nourrir intégralement les animaux avec la surface disponible. Le bétail destiné à l'engraissement était nourri avec la paille et les aliments du commerce ; des concentrés composés de maïs, luzerne.... Après quelques années, je me suis agrandie de 51 ha de prairies dont 13,5 ha certifiés en agriculture biologique. Alors, j’ai pu réduire le nombre d'animaux par hectare et mettre en place de nouvelles pratiques plus en adéquation avec mes attentes.

Le captage qui alimente l’usine d’eau potable se situe à environ 35 km. Quel est l’impact sur votre métier ?

Le long de l'Ouin et ses affluents, nous sommes dans la zone de captage du Longeron, d’où un fort enjeu eau potable. Dès mon installation, j'ai suivi des réunions-formations avec le CIVAM de Mauléon sur la préservation de la qualité de l’eau. J’ai réalisé des travaux avec l'EPTB : pompes à nez, clôtures, passage à gué.

Quelles aides sont proposées pour cultiver autrement ?

Du fait de l’enjeu eau potable, mais aussi parce que la conjoncture n'est pas bonne, il faut produire différemment pour toujours dégager un revenu et répondre aux attentes sociétales. Se passer de produits phytosanitaires prend du temps, il faut faire évoluer ses pratiques culturales. Les mesures agro-environnementales et climatiques sont des opportunités à saisir. Elles sont venues compenser l'arrêt de mon activité d'engraissement des mâles bovins, qui était de moins en moins rentable. L'augmentation de ma surface agricole a ouvert d'autres perspectives en réduisant le nombre d'animaux tout en maintenant mon revenu.

Vous êtes engagée dans le projet Écophyto 30 000. Que vous apportent ces rencontres entre agriculteurs ?

En découvrant ce qui se fait ailleurs, j'ai eu envie d'essayer d'implanter mes prairies différemment en mélangeant l'herbe avec une céréale. Cela limite les mauvaises herbes, on récolte un peu de fourrage, et le tout sans traitement. Je pratique le pâturage tournant dynamique qui optimise au mieux la qualité et la quantité d’herbe disponible dans les prés. J'ai l'impression de plus travailler avec la nature. Il est possible de baser une exploitation uniquement sur l’herbe et du fourrage de qualité. Je suis passée de 800 kg de concentrés achetés par UGB (unité gros bovin par hectare) à 350 kg. Petit à petit, je transforme mon exploitation pour aller vers un système extensif avec moins d'animaux à l’hectare, économe en intrants et plus autonome. Depuis janvier 2020, Fabrice, mon mari s'est installé sur l'exploitation pour vendre la viande en circuit-court. Nous maîtrisons notre produit, nous savons que les animaux sont bien nourris. C'est un gage de qualité pour les consommateurs.

« En découvrant ce qui se fait ailleurs, j'ai eu envie d'essayer d'implanter mes prairies différemment en mélangeant l'herbe avec une céréale. »

Les aides, comme les systèmes polyculture-élevage des MAEC, réduisent l'utilisation d'aliments du commerce et incitent à préserver les prairies permanentes à flore diversifiée.

Semer la féverole pour optimiser son rendement, produire économe en cultivant les mélanges d'espèces... Le partage d'expérience entre agriculteurs est riche.

Évaluation

Cinq ans. C'est le temps moyen nécessaire pour passer d'une agriculture conventionnelle à un système économe en intrants. Cette démarche fait varier la productivité animale et culturale, ainsi que le chargement (rapport entre un nombre d'animaux et une surface). Les modes de conduite économes et autonomes obtiennent de meilleurs résultats économiques en termes de valeur ajoutée et de résultats par unité de main d’œuvre et ce malgré une baisse de productivité (source :  CIVAM « Vers des systèmes de culture économes en intrants »). L’herbe pâturée est l’aliment le moins coûteux à produire et le plus équilibré nutritionnellement pour les animaux (source : INRA « Impact du pâturage sur la qualité des produits »). Grâce au pâturage tournant dynamique, l'exploitant peut produire à moindre coût de la matière sèche pour une productivité maximale de la biomasse.

Coût et calendrier

Depuis 2015, plus d'une centaine de MAEC ont été sollicitées, soit 648 908 € (Pays de la Loire) et 914 272 € (Nouvelle Aquitaine).
Avec le soutien financier de l’Agence de l'eau Loire Bretagne, la Région Pays de la Loire et la Région Nouvelle Aquitaine.

Les partenaires de l'EPTB

Mauges Communauté*, Agrobio Deux-Sèvres, CAVEB, Chambres d’Agriculture des Deux-Sèvres et de Vendée, CIVAM du Haut-Bocage, CPIE Sèvre et Bocage, Terrena, Fédération des CUMA des Deux-Sèvres, Bocage Pays Branché, Sèvre Environnement, GAB Vendée, GRAPEA CIVAM Vendée et Union des CUMA Pays de la Loire...

* Mauges Communauté a repris la compétence eau potable du captage du Longeron depuis le 1er janvier 2020.