Les cachetons c'est pas pour les poissons !
13/04/2026
EPTB Sèvre Nantaise
De notre armoire à pharmacie jusqu’aux rivières, il n’y a parfois qu’un pas. Nos médicaments prennent soin de nous, mais ils peuvent aussi avoir un impact sur l’environnement. Comprendre le lien entre santé, rivières et biodiversité, c’est apprendre à protéger notre planète… et nous-mêmes ! Découvrez les bons gestes à adopter.
Cycle de l'eau : Késako ?
Comme nous vous l’expliquions dans notre premier message, “La Rivière commence aussi à la maison”, chaque fois que nous tirons la chasse d’eau ou versons un produit dans l’évier, cette eau, chargée de résidus, part vers la station d’épuration. Elle y est traitée avant d’être renvoyée… dans une rivière ou un ruisseau de notre bassin versant.
👉 Ce que nous faisons chez nous a donc un impact direct sur la qualité de l’eau et la vie aquatique !
La station d'épuration a ses limites !
Les stations d'épuration ont pour mission de traiter les eaux usées avant leur renvoi dans le milieu naturel. Il en existe différents types (lagunages, boues activées, etc.): elles ne présentent pas toutes les mêmes process de traitements (chimique, biologique, tertiaire, etc).
Elles épurent majoritairement les matières en suspension, matières organiques, les nutriments azotés et phosphorés. Certains micropolluants peuvent être traités par certaines stations d'épuration.
Mais aujourd'hui beaucoup de substances (pesticides, médicaments, etc.) ne sont pas éliminées et se retrouvent ainsi dans le milieu naturel même après leur passage dans une station d'épuration !
Voici un des facteurs pouvant l'expliquer : l'indice de solubilité des substances. Plus l'indice est bas (moins la substance est soluble) plus son élimination naturelle par le traitement des eaux sera difficile. Certaines substances médicamenteuses ont un indice de solubilité très faible, les rendant difficilement éliminables après leur passage par les stations d'épuration (Source: ameli.fr).
Les chercheurs travaillent à l’optimisation des traitements des eaux usées pour réduire l'impact de tous les micropolluants dont les médicaments dans l'eau et les milieux aquatiques.
A noter que les microplastiques (pouvant venir de l'emballage et des vêtements polyesther lavés en machine !) sont également difficiles à éliminer dans les eaux usées...
Quelques chiffres :
- Les Français achètent 170 000 tonnes de médicaments par an.
- Les français sont les plus gros consommateurs d'antibiotiques en Europe
- 4 médicaments surveillés à grande échelle dans les eaux superficielles ont été quantifiés dans plus de 25% des analyses entre 2019 et 2021
Source: https://www.notre-environnement.gouv.fr
Quels impacts sur nos écosystèmes ?
En France on retrouve des résidus médicamenteux (analgésiques, anti-inflammatoires, anti-dépresseurs, etc.) dans les rivières, lacs et nappes souterraines.
On sait qu’ils ont des effets directs et/ou indirects sur les différentes espèces (notamment via leur bioaccumulation le long de toute la chaîne alimentaire) et ce même à des niveaux de concentration très faibles. Des recherches sont en cours depuis des années pour étudier les impacts sur les écosystèmes aquatiques et sur l’Homme.
Sur le bassin de la Sèvre Nantaise, certaines analyses en rivières ont fait l'objet de recherche de quelques substances médicamenteuses.
Chiffres-clé:
55 substances pharmaceutiques ont été recherchées sur 19 stations "rivières" entre 2020 et 2024.
60 % de substances pharmaceutiques ont été quantifiées lors de ces analyses.
Ceci n'est pas exhaustif mais voici quelques exemples de substances couramment utilisées et retrouvées récemment dans les eaux de la Sèvre Nantaise et ses principaux affluents (analyses réalisées entre 2020-2024) :
- le tramadol (antalgique (anti-douleur)) : retrouvée dans 85 % des analyses
- l'oxazepam (anxiolytique): retrouvé dans 80 % des analyses
- la carbamazépine (antiépileptique, psychotrope): retrouvé dans 73% des analyses
- le sulfamethoxazole (antibiotique): retrouvé dans 71% des analyses
- le diclofénac (anti-inflammatoire) : retrouvé dans 65% des analyses
- le paracétamol : (antalgique (anti-douleur) et antipyrétique (anti-fièvre)) retrouvé dans 41 % des analyses
- ...
Que puis-je faire pour protéger les rivières ?
Vous l’aurez compris : tout médicament évacué dans les canalisations que ce soit par nos urines, nos excréments ou un déversement direct (dans l’évier, les toilettes ou la nature), peut finir par polluer nos rivières. Ces substances, même en petites quantités, peuvent perturber la biodiversité aquatique et, à terme, impacter notre santé.
Il ne s'agit pas de culpabiliser chacun dans son besoin et usage de médicaments mais de réduire autant que possible notre impact sur les milieux aquatiques et nos ressources en eau.
Quelques bons réflexes :
- Recyclons correctement les médicaments inutilisés ou périmés: un bon geste essentiel et simple !
- Ne déversez jamais vos bouteilles de médicaments liquides (sirop, analgésiques ou antibiotiques pour enfant, etc.) ou encore les pilules et comprimés dans les éviers, lavabos ou même dans les toilettes;
- Ayez le réflexe de trier correctement et de vous rapprocher de votre pharmacien pour passer par la filière Cyclamed: plus d"infos ICI
Envie d'en savoir plus?
- Etudes de l'INRAE (Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement) : ICI et ICI2
- Vidéos pédagogiques du GRAIE "Les médicaments dans l'eau": ICI
- Articles sur les médicaments et l'environnement (Ameli.fr): ICI
- Campagne de sensibilisation de l'Assurance Maladie: ICI
Nos usages et gestes du quotidien ont un impact sur nos ressources en eau, sur les écosystèmes autour de nous.
En prendre conscience, c’est déjà commencer à changer nos gestes pour les préserver et protéger la biodiversité qu’elles abritent. 🌿🐟
L’Etablissement Public de la Sèvre Nantaise poursuit sa grande campagne de sensibilisation:
👉 Découvrez, dans nos autres actualités, les autres enjeux liés à l’eau et les bons réflexes du quotidien pour aujourd’hui et pour demain !
👉 Demandez les affiches et le kit de communication !
👉 Une action portée par L'Etablissement Public Territorial du Bassin de la Sèvre nantaise et soutenue financièrement par l'Agence de l'Eau Loire-Bretagne, les Régions Pays-de-la-Loire et Nouvelle-Aquitaine.
Contact :
Line FILLONNEAU
Chargée de mission pollutions non agricoles
Etablissement Public Territorial du Bassin de la Sèvre Nantaise
Moulin de Nid d'Oie 10bis route de Nid d'Oie CS 49405
CLISSON Cedex
02.51.80.09.51
Contact :
Amélie RICHARD
Chargée de communication
Etablissement Public Territorial du Bassin de la Sèvre Nantaise
Moulin de Nid d'Oie 10bis route de Nid d'Oie CS 49405
CLISSON Cedex
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Contact :
Etablissement Public Territorial du Bassin de la Sèvre Nantaise
Moulin de Nid d'Oie
10bis route de Nid d'Oie
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