La qualité de l'eau en pesticides

Dernière mise à jour le 07/11/2017

Les pesticides (produits phytopharmaceutiques ou phytosanitaires, biocides) sont des produits chimiques appliqués sur une culture, des plantes ou des aliments pour lutter contre des organismes vivants jugés nuisibles. Ils rassemblent les insecticides, les fongicides, les herbicides ou désherbants, les parasiticides. Ils regroupent plus de 1000 substances chimiques appartenant à près de 150 familles chimiques différentes. Ils peuvent polluer l'eau à des concentrations infimes.

Les objectifs

La Commission Locale de l'Eau a fixé 2 objectifs concernant les pesticides :

  • 0,5 µg/L pour le cumul des substances actives analysées* (pour 90% des mesures) à horizon 2021
  • 0,1 µg/L par substance active analysée à horizon 2021

* : pour une liste de constante de 342 substances

Respect de l'objectif pour le cumul des pesticides en 2016

 En 2016, sur les 15 stations faisant l'objet d'un suivi des pesticides :

  •  1 station respecte l'objectif du SAGE (le ruisseau du Sevreau à Saint-Mesmin)
  •  2 stations présentent entre 10 et 40% de dépassements
  •  5 stations présentent entre 40 et 80% de dépassements
  •  7 stations présentent plus de 80% de dépassements

1 station sur 15
respecte l'objectif SAGE pour le cumul des pesticides en 2016

La carte ci-dessous présente pour chaque station faisant l'objet d'un suivi des pesticides le résultat obtenu pour l'année 2016 : respect de l'objectif (pastille verte) ou non respect (pastille jaune, orange, rouge).

Vous pouvez agrandir la carte en cliquant sur le bouton en haut à droite de la carte.

Les principaux pesticides retrouvés en 2016

Le graphique ci-dessous présente les 25 substances actives "les plus retrouvées" dans les eaux du bassin de la Sèvre Nantaise en 2016.

Comment lire le graphique ?

Pour chaque substance active (molécule(s) composant un pesticide), le taux de quantification correspond au nombre de fois où cette substance a pu être quantifiée (c'est à dire que sa concentration a pu être mesurée) sur le nombre de fois où elle a été recherchée.

Ce taux est exprimé en pourcentage. Dans le cas où la substance active est quantifiée, sa concentration peut dépasser le seuil de 0,1µg/L (en orange), voire de 2 µg/L (en rouge).

Par exemple :

  • en 2016, le MetolachlorESA a pu être quantifié dans 98% des analyses réalisées sur le bassin. Dans 52% de ces analyses, sa concentration dépassait 0,1 µg/L.

138
c'est le nombre de substances actives quantifiées dans les analyses d'eau en 2016 sur les 597 substances recherchées (soit 23%).

En 2016, 457 substances avaient été recherchées, 77 avaient été quantifiées (17%).

Le point sur les substances les plus quantifiées

  • Le 2-hydroxy atrazine, un métabolite de l'atrazine - herbicide interdit depuis 2003, est quantifié dans 100% des analyses (à des concentrations inférieures à 0,1 µg/L) Ceci s'explique par son mauvais profil environnemental (processus de dégradation dans le milieu très lent).
  • Le Métalochlor ESA est quantifié dans 98% des analyses. Ce métabolite est issu du S-Metolachlore, un désherbant utilisé par les professionnels.
  • L'AMPA (acide aminométhyl phosphonique), est quantifiée dans plus de 90% des analyses réalisées sur le bassin : il s'agit notamment de la principale molécule de dégradation du glyphosate, (substance active de l'herbicide "Roundup", "Axalis", "Glyper"...). L'AMPA est également une molécule de dégradation de phosphonates contenus notamment dans des lessives, des détergents industriels et domestiques ou encore des liquides de refroidissement.

    Dans 12% des analyses l'AMPA dépasse la limite de 2 µg/L, au-delà de laquelle l'eau (brute), qu'elle soit d'origine superficielle ou souterraine, ne peut plus être utilisée pour produire de l'eau potable.
  • L'AlachlorESA est un métabolite issu de l'Alachlore, herbicide interdit depuis 2008. Il est quantifié dans 73% des analyses.
  • Le Benzotriazole n'est pas une substance utilisée comme pesticide (il s'agit d'un additif anticorrosif utilisé notamment dans les liquides de refroidissement) 
  • Le Glyphosate est retrouvé dans 58% des analyses dans des concentrations dépassant dans 33% des cas l'objectif de 0,1 µg/L.
  • Le Diuron, herbicide utilisé en viticulture, arboriculture et par les professionnels non agricoles est détecté dans 57% des analyses sur le bassin alors que son usage a été interdit depuis décembre 2008. Cette substance serait encore employée dans certains produits de traitement de façades et toitures (anti-mousse, algicide), avec un risque de transfert direct vers le réseau d’eaux pluviales et les cours d’eau.

 


Origines des pesticides

L'agriculture est le premier utilisateur de pesticides, mais ceux-ci sont également utilisés très ponctuellement par les collectivités pour l'entretien de certains espaces (pour des espaces autorisés dans le cadre de la loi Labbé en vigueur depuis le 1er janvier 2017 ou ayant recours à des biocides), par les gestionnaires d'infrastructures de transport (voies ferrées, autoroutes, etc.) ainsi que par les particuliers (point d'attention: au 1er janvier 2019 seuls les biocides et produits à faible risque seront autorisés à la vente, détention et usage).

Le transfert des pesticides vers les cours d’eau et milieux aquatiques s'effectue majoritairement par ruissellement tandis que son transfert vers les eaux souterraines se fait de manière « retardée » par infiltration.

Effets

Les pesticides contaminent tous les compartiments de l’environnement aquatique (eau de surface, eau souterraine). Ces produits perturbent la production d’eau potable : des investissements et des coûts de fonctionnement importants sont nécessaires pour abattre leurs concentrations. Toxiques pour les êtres vivants et l’homme, leurs effets peuvent être aigus (à l’ingestion ou l’inhalation) ou retardés avec des risques de cancérogénicité, troubles de la reproduction et du développement (ce sont des perturbateurs endocriniens), troubles neurologiques...

Actions pour la reconquête de la qualité de l'eau

Retrouvez sur la page Les actions / Améliorer la qualité de l'eau, l'ensemble des actions de reconquête de la qualité de l'eau.