On appelle espèces envahissantes des espèces qui, à la suite de migrations involontaires, ont été déplacées, intentionnellement ou par inadvertance, d'une région du globe vers une autre. Ainsi débarrassées de leurs compétiteurs, maladies et prédateurs naturels, il arrive qu'elles prospèrent dans leur nouvel habitat, transformant des écosystèmes entiers.
Certaines espèces exotiques peuvent menacer l'équilibre des milieux aquatiques et compromettent le bon fonctionnement de nos rivières.
Parmi les espèces végétales envahissantes colonisant le lit des cours d'eau, nous rencontrons sur le bassin versant principalement la jussie (ludwiga spp.) et le myriophylle du Brésil (myriophyllum brasiliense). Ces plantes originaires d'Amérique du sud ont trouvé dans les secteurs d'eaux calmes des rivières et dans les plans d'eau du bassin des milieux favorables à leur croissance. Leur développement exponentiel engendre des dysfonctionnements importants : fermeture des milieux, envasement, disparition d'espèces autochtones...
Les principales espèces animales envahissantes sont des rongeurs aquatiques originaires d'Amérique : le ragondin (ou myocastor) et le rat musqué. Ils détruisent la végétation rivulaire herbacée et arbustive et s'attaquent aussi aux cultures. En creusant des galeries, ils déstabilisent les berges et mettent en suspension des particules fines qui vont alors participer à colmater le fond du cours d'eau, contribuant à dégrader la qualité de l'eau et des milieux. Ils sont aussi les porteurs de la leptospirose, une maladie qui peut être transmise au bétail mais aussi à l'homme.
Sur le bassin de la Sèvre Nantaise, les espèces végétales envahissantes sont encore peu nombreuses. Il faut garder une vigilance afin d'éviter toute propagation qui pourrait nuire à la faune et à la flore autochtone.
Certains syndicats de rivière concernés par la présence d'herbiers de jussie et de myriophylle mettent en oeuvre tous les ans des opérations d'arrachage manuel afin de contrôler leur développement (sur la Sèvre Nantaise aval et moyenne, sur la Maine et sur la Moine). Certains foyers sont situés sur des plans d'eau, la plupart du temps privés. Une sensibilisation à l'attention des propriétaires aux bonnes pratiques de gestion est fondamentale afin d'éviter toute propagation en aval. Les syndicats, en partenariat avec les partenaires locaux, peuvent mettre en place des actions de sensibilisation.
La lutte contre la renouée du Japon fait appel à des techniques particulières qui vont de l'arrachage manuel des rhizomes au fauchage manuel ou mécanique par coupes successives. Là encore, de nombreuses précautions sont à prendre afin d'éviter la propagation de la plante sur d'autres sites.
Quelques liens :
La lutte contre les rongeurs aquatiques nuisibles est mise en place sur le bassin versant par les Fédération Départementale des Groupement de Défense contre les Organismes Nuisibles et soutenu par l'Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Nantaise. Pour limiter la prolifération des ragondins et rats musqués, une lutte coordonnée et pérenne est organisée. Elle consiste à piéger les rongeurs dans des cages disposées au bord de la rivière.
Les FDGDON du bassin :
Une gestion équilibrée du cours d'eau, avec une reconquête de zones courantes et un ombrage suffisant est une réponse à la limitation de la prolifération de ces espèces envahissantes, en limitant les conditions favorables à leur développement.
Quelques liens :
















Antoine CHARRIER
Chargé de mission Rivières et Inondations
Tél : 02.51.07.02.13Contact